mardi 16 septembre 2014

Un corbeau au 36 - Aurélie Benattar


Stéphane Fontaine, commissaire au 36, prometteur, ambitieux, carré, bosseur. 
Coupable?
 C'est sur son bureau qu'un message anonyme a été retrouvé gravé à même le bois : une femme affirme avoir été violée au sein du Quai des Orfèvres.
 Afin de résoudre discrètement l'affaire, la patronne de la PJ impose sa nièce, graphologue timide et maladroite, pour appuyer le commissaire.
 Une aide mal accueillie par Fontaine, qui ne croit pas qu'on puisse démasquer un criminel aux courbes de ses « l » ou au point de ses « i ».
Pendant ce temps, la tension monte : un deuxième message est découvert, puis un troisième.
 Et ce dernier annonce un meurtre...

Cette photo contient un indice sur le (la) meurtrier(e)...si si


"Ne va pas croire que les autres n'ont pas dégueulé leurs tripes...
La première fois, c'est celle qu'on n'oublie jamais.
C'est comme la baise.
Soit ça nous laisse un souvenir inoubliable si on y met tout son coeur, soit ça nous donne la nausée chaque fois qu'on y repense si ça été fait à sec, sans sentiment..."



samedi 13 septembre 2014

Chambre 2 - Julie Bonnie







La naissance : le plus beau moment de la vie et pourtant...

 Lorsqu'elle ouvre les chambres de la maternité où elle travaille comme puéricultrice, Béatrice doute de l'existence qu'elle a choisie. 

Une maternité.


 Chaque porte ouvre sur l'expérience singulière d'une femme tout juste accouchée. 
Sensible, vulnérable, Béatrice, qui travaille là, reçoit de plein fouet ces moments extrêmes. 

Les chambres 2 et 4 ou encore 7 et 12 ravivent son passé de danseuse nue sillonnant les routes à la lumière des projecteurs et au son des violons.

 Ainsi réapparaissent Gabor, Paolo et d'autres encore, compagnons d'une vie à laquelle Béatrice a renoncé pour devenir normale. 
Jusqu'à ce qu'elle ne puisse plus supporter la violence du quotidien de l'hôpital. 

Un hommage poignant au corps des femmes, et un regard impitoyable sur ce qu'on lui impose.








"Moi, j'écoute la peau.
La peau livre les secrets.
Prenez un bébé dans vos mains et fermez les yeux.
Oubliez que vous avez peur parce que vous croyez que vous aller le casser.
Fermez les yeux et écoutez la peau, les muscles, l'ondulation des chairs.
Laissez parler votre peau et laissez la peau du nouveau-né vous répondre.
Vous entendez une sonate de peau.
Je me souviens d'avoir reniflé mes enfants, de les avoir léchés, touchés,sentis avec la peau.
J'ai reconnu leurs mouvements, je les ai nourris avec mon corps.
Comme une louve, j'aurais pu les bouffer.
Leur odeur me rendait folle, du réel désir de bébé.
Une sensualité maternelle."


dimanche 7 septembre 2014

Des vies d'oiseaux - Véronique Ovaldé

 

"Elle s’est dit que la première chose que l’on remarque chez quelqu'un qu’on voit nu pour la première fois, ou qu’on s’apprête à voir nu, c’est son odeur...
Vais-je m’habituer à cette odeur ? 
Et aurais-je d’ailleurs à m’y habituer ?


Il sentait les cascades et les marécages, la mangrove et la roche rouge du désert, il sentait la selle des chevaux, il sentait Liberty Valance et la tristesse chilienne, il sentait les pays que l’on quitte et le cuir qui s’est patiné...



Il n’a pas paru surpris quand elle est arrivée dans sa chambre...

Cet homme avait la possibilité d’être tout près de vous et très loin à la fois, c’était une sorte de qualité mélancolique, de qualité tragique, son absence était palpable et douce, elle aurait pu embrasser l’absence de cet homme, alors il s'est levé pour l’accueillir, et c’était tout à fait cela, il l’accueillait et ce sont ses bras nus et secs et puissants qui l’ont accueillie, il est venu vers elle, il a fermé très posément la porte, et chacun de ses gestes étaient silencieux, elle n’entendait que le bruissement de son sang à ses propres oreilles et elle était éblouie par la beauté de cet homme, par la justesse de cet homme, et il a parlé, mais ce devait être dans une langue qu’elle ne connaissait pas, elle n’a pas compris un mot de ce qu’il a prononcé, ça n’avait d’ailleurs aucune importance, dans ses rêves, elle ne comprend jamais ce qu’on lui dit et elle peine à trouver des repères, mais là elle avait accepté de marcher dans la tourbe avec lui, il l’a prise dans ses bras et il a passé la main sous son chemisier, et sentir la main de cet homme sur sa peau était une chose inconnaissable et inadmissible, jamais aucun homme depuis l'autre n’avait posé la main sur sa peau, elle s’est souvenue de s’être dit un jour, disons qu’il y avait de cela cinq ans, qu’elle ne connaîtrait plus un autre corps d’homme avant sa mort, elle y avait renoncé et elle s’était faite à cette idée parce qu’elle l’avait voulu ainsi, avait-elle toujours pensé, parce que c’était ainsi, il a chuchoté à son oreille et elle a compris qu’il disait qu’elle était très belle alors elle l’a laissé faire et il l’a soulevée, et elle était si pressée tout à coup de savoir à quoi il ressemblait nu, elle voulait voir son torse et son sexe et sa peau, et quelqu’un d’autre qu’elle, ou une certaine partie d’elle, celle qui se trouve toujours dans un coin du plafond et qui la regarde faire, ricanait et lui disait qu’elle ne serait pas fière le lendemain de tout cela, mais en attendant elle voulait juste ceci, la peau de cet homme, l’entièreté de sa peau, qu’aucun grain ne lui soit inconnu, il l’a soulevée et déposée sur le minuscule lit monacal et elle s’est dit, « Il ne faut pas qu’il me voit nue, il va me trouver si vieille », elle a voulu éteindre la lumière et il a retenu sa main, il a secoué la tête, il a dit, « Je veux te voir », il l’a déshabillé, et elle était incapable soudain de faire le moindre geste, elle était paralysée, elle ne voulait que la peau de cet homme dont elle ne savait rien, elle ne savait même pas s’il vivait avec une femme, il parlait si peu de lui, et sentir ses seins contre le torse de cet homme était déjà une chose magnifique et inquiétante et elle était presque prête à ce que cela fût suffisant pour cette soirée mais comme visiblement il n’avait aucune intention de s’arrêter là elle a fermé les yeux pour ne pas voir le démon dragon dans l’angle du plafond et depuis combien de temps n’avait-elle pas fait l’amour avec un homme, c’était une chose si simple, elle a rouvert les yeux et elle a cherché avidement sur le visage de l’homme sa propre nudité tandis qu’il cherchait la sienne ; cette avidité, cette maladresse ont fait place à l’étonnement de découvrir leur intimité dévoilée, ces gestes qu’on ne devinait pas, ces caresses amorcées qu’on ne soupçonnait pas chez l’autre, et il s’est remis à pleuvoir, elle a entendu la pluie qui tambourinait contre les volets et qui plicploquait au grenier pendant qu’elle était sous cet homme et que le sexe de cet homme dont elle était en train de devenir très amoureuse , pendant que le sexe de cet homme était en elle, elle voulait juste que cet homme la complétât et la soulevât, dramatiquement, qu’il pressât sa queue dans sa bouche, que sa nudité fût complète et augmentée, et depuis combien d’années n’avait-elle pas mis la queue d’un homme dans sa bouche, la peau si lisse et tendue, sa texture et son sel ?..."



mardi 26 août 2014

Au bout du chemin - Patricia Hespel



L’important n’est pas au bout du chemin, l’important c’est le chemin



Ève prend la fuite le jour de son mariage.
 Sur la route, elle croise le chemin d'Émile, chauffeur routier au grand coeur, et d'Azraël, ancien champion de patinage artistique.
 Avec ses acolytes, Ève part en direction de l'Italie à la recherche de la nounou de son enfance afin de démêler les secrets de sa naissance. 
Une quête d'identité, à trois, pour tenter de prendre un nouveau départ...



Un roman que j'ai acheté  parce que d'abord accroché par le titre, puis la quatrième de couverture et que j'ai "flashé" sur la p'tite auto rouge...si si j'vous jure...
Je n'en attendais pas grand chose...et l'histoire m'a emportée tant les personnages sont attachants ...
Je suis heureux d'avoir fait fait un p'tit bout de chemin avec Eve, Emile, Azrael et les autres...


"Il a tant aimé caresser dans sa première vie, partir à la recherche des ondes secrètes courant sous la peau, entrer en résonance avec elles avant de poser ses lèvres à l'endroit que ses doigts avaient éveillé.
Caresser une femme, lui révéler ce qu'elle ne sait pas encore d'elle même, c'est aussi fort que de lui faire l'amour...
Si tu parviens à découvrir les gestes qu'elle attend, les zones qui la rendent vulnérable, alors..."