vendredi 17 mai 2013

Pause vacances

 
 
J´ai la gueule trop pâle
Qui rêve de lune et d´étoiles
Cette fois-ci je mets les voiles
Je dis : "Bon vent"
Et peut-être à demain...


jeudi 16 mai 2013

Nuits de noces - Kim Dong-Hwa

 
 
 
"O mon adoré...
Tu es la montagne que je mettrai une vie entière à escalader...
sans être certaine d'en atteindre le sommet..."
 
 
Deux jeunes gens coréens viennent tout juste de se marier.
Vêtus de leurs tenues traditionnelles, ils en sont au moment fatidique de la nuit de noces, seuls dans leur maison, et ne savent pas trop comment s’y prendre.
Ce moment est tellement solennel, il s’appuie sur tant de protocoles et de savoir-vivre…
Or ils sont tous deux terriblement timides !
Sur le palier de leur maison, des voisins et des voisines tentent de regarder par les trous de la fenêtre de papier… mais la pluie a raison de leur curiosité.
Finalement, aidé par un peu d’alcool, ils finissent par s’enlacer et par consommer leur amour, bien réel.
 Au dehors, une fleur de bignone s’écroule, fanées par l’humidité.
 Une jolie métaphore pour ce moment intime dont ils se souviendront toute leur vie.
Pourtant, après plusieurs années de mariage, l’époux décède et la coréenne finit sa vie esseulée.
Il lui faut attendre d’être une petite vieille pour qu’un vieux monsieur plutôt bricoleur et entreprenant lui fasse la cour, en prétextant les nombreux travaux de restauration dont sa maison a besoin…
 
 
 
Le lendemain matin...
 
 
 
Avec cet album en couleur spécialement conçu pour Casterman au format d’une bande dessinée franco-belge, le grand auteur coréen Kim Dong-hwa approfondit l’exploration d’un thème qui lui est cher, et dans lequel il excelle : l’intimité des femmes.
Dans ce récit d’une nuit de noces à la campagne, il célèbre avec délicatesse une certaine douceur de vivre rythmée par la nature et les saisons, à travers le destin d’une jeune mariée tout juste sortie de l’enfance et qui est aussi la narratrice de l’histoire.
 À la façon d’un documentaire sur les traditions populaires, on y retrouve tout le folklore et la poésie des mariages d’antan, manière pour le dessinateur d’exprimer sa nostalgie d’une Corée champêtre et insouciante aujourd’hui presque disparue, mais aussi, sans détour et sans fausse pudeur, l’évocation d’un éveil à la sensualité.

 Simplicité et finesse du trait, dialogues ciselés comme des poèmes en prose : une sincère ode à l’amour doublée d’un émouvant portrait de femme.

mercredi 15 mai 2013

Dix rêves de pierre - Blandine Le Callet

 
 
"Ci-gisent le frère et la sœur.
Passant, ne t’informe pas de la cause de leur mort.
Mais passe et prie Dieu pour leur âme.
Église Saint-Jean-en-Grève.
 Paris.
 1603 ."
 
 
 
Certaines inscriptions funéraires possèdent un singulier pouvoir d'évocation ...
Leur lecture fait surgir le fantôme de personnes disparues depuis parfois des siècles.
 Blandine Le Callet réunit dans ce recueil des épitaphes authentiques, à partir desquelles elle imagine les dernières heures, les derniers jours ou les derniers mois du défunt.
 
 Elle ressuscite un jeune esclave à qui l'on vient d'offrir sa liberté...
Un philanthrope piégé dans l'étouffant huis clos d'un bordel parisien...
Deux êtres unis par un amour hors norme en route vers leur destin...
Une vieille dame acariâtre rédigeant son testament...
 et bien d'autres encore...
 
 Dix destins arrêtés par des morts douces ou violentes, subites ou prévisibles, solitaires ou collectives. Dix nouvelles tour à tour poétiques, féroces, tendres, dramatiques, nostalgiques ou grinçantes, dépeignant une humanité toujours assaillie par les mêmes passions, les mêmes peurs et les mêmes espoirs.
 Dix "rêves de pierre" pour conjurer l'oubli...
 
L'idée de départ peut surprendre...
 Elle m'a envoûté de suite...
J'aime la poésie de certains cimetières (si si),il m'arrive même de me "promener" dans les cimetières des lieus de mes vacances et de m'attarder sur les inscriptions funéraires...
Un peu "zarbi" le Jack me direz vous... 
J'aime m'imaginer les vies des gens qui y reposent...
Blandine Le Callet raconte avec beaucoup de sensibilité leurs histoires... 
Rien ne relie ces personnages, à part la mort et un chien
  qu'on retrouve dans chacune des nouvelles et qui semble assister au trépas à chaque fois.
 
Sensible, pudique et émouvant...
 
 
 
 
"Je te regarde...
 Tu es pâle et tu trembles un peu de froid plus que de peur...
L'air est glacé, mais dans tes yeux, c'est toujours le même feu...
 Tu me souris, indifférente à ce qui nous entoure...
 Tu as raison : ces instants sont précieux...
Gardons les pour nous seuls...
 On nous a ordonné de rester silencieux...
 Ce n'est pas grave...
Nous savons nous parler avec les yeux...
Tu sembles soulagée, heureuse presque...
 Il fait beau...
 Pour nous, le ciel s'est mis en fête...
Un rayon de soleil passe sur ton front, accroche à tes cheveux des reflets fauves et miel...
 J'aimerais y enfouir mon visage, éprouver leur douceur, les respirer, comme autrefois...
Mais bien sûr, c'est impossible...
 Peu importe...
Te contempler suffit à me combler..."