mardi 22 janvier 2013

Puisque rien ne dure - Laurence Tardieu

 
"L'éternité n'est pas dans le temps...
 Elle est dans la profondeur.
 Dans son vertige. "
 
Vincent roule à vive allure sur l'autoroute.
Il va à la rencontre de celle qu'il a aimée, Geneviève, qui se meurt.
 Sur la route, Vincent repense au passé.
 À ce qui, quinze ans auparavant, a détruit leur couple.
 A ce qui les unit au-delà de la mort.
Il repense à Clara, leur enfant disparu, à son corps jamais retrouvé, à la douleur jamais éteinte qui a consumé leur amour.
 Face au drame, Geneviève a choisi la solitude, consignant sa souffrance dans des carnets, comme si l'écriture la maintenait en vie, tandis que Vincent a tenté d'oublier.
 De prendre la fuite.
Mais tous deux partagent pour la vie un malheur inhumain.
Lorsque Vincent rejoint Geneviève, c'est une femme rongée de peine et de tristesse, mais aussi une femme qui s'apaise et veut affronter le passé.
 Dans les derniers gestes, dans les ultimes paroles qui accompagnent la mort, Geneviève et Vincent se retrouvent, et Clara, leur petite fille, revit au fil des souvenirs.
 Le temps est venu pour Vincent de se réconcilier avec la vie...
 

 
 
"Combien de temps cela a-t-il duré?
Dix minutes?
Une heure?
Le temps ne s'écoule plus, il s'est figé, ou peur-être dissous, je ne sais pas, il n'y a plus de temps, ne restent que des plongées dans des espaces sur lesquels le temps n'a pas prise, des espaces dans lesquels je n'avais jusqu'alors jamais pénétré, où mort et vie, mouvement et immobilité, joie et douleur se confondent jusqu'à ne plus faire qu'un, et même si quelqu'un tout à coup apparaissait et s'adressait à moi, je ne sais si je pourrais lui répondre, parler la même langue que la sienne, car je suis en train d'aborder le rivage d'un monde dans lequel Geneviève se retire, et cette terre nouvelle, inconnue, m'arrache à moi-même tout en me rendant à celui que j'avais perdu..."
 
 
 
 
 

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